hypothèse

Création 2025

“L’essentiel de notre histoire nous est inconnu et le restera à tout jamais.” D. Graeber & D. Wengrow

Comment raconter la préhistoire sans y projeter nos notions et valeurs actuelles, en étant au plus juste de l’enseignement des chercheurs ? 

Ces questions nous ont amenés à imaginer des frictions entre art et science. Nous projetons une année de recherches sur la préhistoire, réparties en différents temps de travail, auprès de la communauté scientifique idoine. Il s’agit de nous immerger dans l’univers mental, matériel et environnemental de celles et ceux qui pensent et interprètent cette période, afin de nous forger un matériau artistique, documenté et sensoriel.

Rencontrer des scientifiques, des chercheurs, des conférenciers ; vivre des expériences à leurs côtés. Nous positionner face au monde scientifique en tant qu’apprenants actifs qui nouent un dialogue avec les experts et peuvent prendre part à leur recherche, comme sur un chantier de fouilles par exemple, ou une initiation à la création du feu, à la taille du silex… Nous avons souhaité engranger une expérimentation vécue autant intellectuelle, que manuelle.

© Marion Tassetti

Le spectacle :

hypothèse, c’est l’histoire d’une femme morte depuis 43 mille ans, racontée par ceux qui l’ont côtoyé. L’histoire, au temps théâtral d’aujourd’hui, de vestiges archéologiques insolitess, artefacts qui au regard de l’histoire n’ont rien à faire là.                         

hypothèse, c’est une création pour la rue, un spectacle en mouvement qui voyage sur l’échelle du temps et celle des points de vue, qui fait se croiser les unviers du savoir et de l’imaginaire.

hypothèse, c’est la question « c’est quoi être humain ? ». Ne pas trouver la réponse, ou ne pas savoir laquelle choisir…alors, raconter une histoire, une histoire disparue ; une histoire d’humanité(s).

Loïs NYS
© Loïc NYS

Ce qui nous intéresse a posteriori du processus de recherche expérimentale est d’interroger notre temps présent en explorant le temps ancestral de l’humanité, imaginer comment nos lointains ancêtres ont fait société. Questionner depuis nos savoirs d’aujourd’hui, les interrogations d’hier. Non pas une reconstitution de l’âge ancien, mais plutôt une quête d’un possible et d’un plausible « comment »… fragmentaire.

“L’imagination, sans le secours de la science, est plus pauvre qu’elle ne croit.” A. Leroi Gourhan

La PRESSE :

La Terrasse - Avignon 2025

« La culture est une résistance à la distraction » Pasolini

LaScierie / Mise en rue Christophe Chatelain

À la recherche des origines, et à la recherche de ce qui fait notre humanité : hypothèse est un spectacle de théâtre de rue qui interroge le vécu d’une (très) lointaine ancêtre, entre connaissances scientifiques et fiction.

Autour d’un espace scénique planté au milieu de la rue, le public se déplace plusieurs fois pour changer de point de vue, comme pour éprouver physiquement l’exercice intellectuel et émotionnel dans lequel il est entraîné. Strate après strate, hypothèse creuse : en partant à la recherche du passé, en explorant la préhistoire, en inventant la rencontre avec une femme ayant vécu il y a 43 000 ans, les membres du Pudding Théâtre mettent également en scène le processus scientifique permettant la connaissance, et les personnes qui, au temps présent, font le spectacle. Une mise en abyme habile, qui revient fondamentalement à unir le public autour de cette question : qu’est-ce qui fait de nous des humains ? Un spectacle qui relève le défi d’être à la fois drôle et parfaitement sérieux.

Mathieu Dochtermann.

La Revue du Spectateur - Avignon 2025
  • Off 2025• « Hypothèse » nous entraîne dans une aventure palpitante au cœur de la préhistoire

C’est un fait scientifique assez nouveau dont s’empare le Pudding Théâtre. Une découverte surprenante que les archéologues de la préhistoire ont découverte alors que, jusqu’alors, rien ne laissait présumer une telle rencontre entre deux espèces humaines très différentes : les Néandertaliens et les Homo sapiens. Plus qu’une rencontre, il s’agit avec Hypothèse de raconter comment, dans la préhistoire, deux espèces humaines parvinrent sans doute non seulement à coexister, mais à se mêler, à échanger, à faire société.

C’est une recherche de deux années qui précède la création de ce spectacle. Deux années durant lesquelles les membres du Pudding Théâtre ont côtoyé des archéologues, assisté à des fouilles, se sont plongés dans l’univers étrange de ces découvreurs d’histoire pour créer celle de « Hypothèse » et donner à voir, entendre, sentir, respirer, écouter, ressentir, car au-delà de la facette instructive de cette performance, l’important était de parvenir à provoquer l’imaginaire du spectateur pour qu’il puisse se projeter quelque 43 000 années avant notre siècle.

On les croirait voyageurs pour un étrange périple. Ils sont six, harnachés de charges qui semblent faites de bric et de brocs, sur leur dos. Des caisses, des longues perches, des tissus, des poches remplies d’on ne sait quoi, toutes sortes d’éléments qui seront par la suite employés dans l’histoire. Une mise en scène, des mises en place, des déplacements réguliers du public font que « Hypothèse » est en perpétuel mouvement, comme si toutes et tous voulaient insuffler la vitalité et la nécessité de bouger.

 

D’abord, prenant corps dans ceux des scientifiques archéologues, les six interprètes vont très vite jeter leurs habits cartésiens pour se jeter les uns après les autres dans les corps imaginaires et les hardes cousues de peaux de bêtes de ces ancêtres qui ont fait alliance il y a 43 000 ans. Changements à vue, grimages, incarnations transportent le public vers ces zones glaciales à l’époque. C’est un peu comme la quête du chaînon manquant, ici, la troupe propose un avenir à l’espèce Néandertalienne qui s’éteindra vers cette époque pour laisser tout l’espace aux Sapiens.

Un avenir sous forme génétique. C’est ainsi que certainement, une partie de l’héritage de cette espèce disparue continue à structurer nos corps dans nos hélices d’ADN.

C’est un spectacle généreux, ludique, rempli de trouvailles inventives et de joie, qui implique à chaque instant le spectateur, le plonge dans les atmosphères avec une multitude d’effets, lui fait toucher la matière vitale de l’époque, le silex, la corne, le feu… La proximité et la présence constante d’une septième complice à la régie son qui diffuse les ambiances et les bruitages transportent les esprits pendant un peu plus d’une heure dans un monde primitif peut-être, mais apaisé, conscient de ce qui est précieux, heureux de partager. Une vision lumineuse de l’humain et du vivant.
◙ Bruno Fougniès –  La Revue du spectacle.fr – jeudi 24 juillet 2025

 

Michel WIART

Distribution :

Co – direction artistique : Sylvie Faivre & Christophe Chatelain

Jeu : Ulysse Bosshard, Camille Douls, Benjamin Dreyfus, Sylvie Faivre, Isabelle Guyot, Daniel Ratte.

Régisseur son : Marion Tassetti/Tanguy Delaire

Création lumière : Marion Tassetti

Construction : Clovis Chatelain

Costumes : Chloé Darbon

Manipulation marionnette : Maëlle Le Gall

Nos partenaires :